Comité de citoyens
Mont-Royal Avenue Verte
Mise à jour: 21-02-2007

 

 

La Presse
Plus, samedi 14 octobre 2006, p. PLUS4 
OÙ VA MONTRÉAL?
Des idées pour Montréal 

Annie Roy, artiste de l'Action terroriste socialement acceptable 
Valeurs et verdure 

Quand on lui demande ce qu'elle ferait pour transformer Montréal, Annie Roy, de l'Action terroriste socialement acceptable (ATSA), devient intarissable. 

Elle aimerait d'abord que la Ville obéisse à des "valeurs" consignées dans une charte. L'administration municipale serait ainsi tenue de respecter, par exemple, des principes écologiques ou d'obéir à des comportements de consommation responsable. 

Ensuite, elle souhaite un resserrement des mesures à l'égard de l'automobile. Par exemple: introduire des péages sur les ponts, taxer davantage les vignettes de stationnement des grosses cylindrées et multiplier les constats d'infraction envers les automobiles fonctionnant en position neutre. Les rues pourraient aussi être fermées la fin de semaine pour les piétons. 

Il faut penser à la qualité de vie des habitants, fait-elle valoir. C'est pourquoi il faut recouvrir le béton de verdure. Cultiver des lierres pour cacher les viaducs. Planter au moins un arbre pour chaque espace de stationnement en ville serait aussi un bon départ. La Ville pourrait aussi financer les toits verts. 

En vrac, elle propose aussi d'installer des parcs de vélos gratuits à la disposition du public. Montréal pourrait aussi déclarer la guerre aux sacs de plastique en rendant les sacs biodégradables obligatoires. La Ville pourrait aussi contenir davantage d'art public. 

Réal Lestage, architecte 

Un symbole sur le quai 

Le quai Bickerdike ne fait plus parler depuis l'échec du mégaprojet de Technodôme. Réal Lestage pense que cette imposante jetée située tout juste au nord d'Habitat 67 pourrait servir de bougie d'allumage pour développer le havre de Montréal. 

L'architecte estime qu'il faut y construire un complexe "ludique" intégrant un symbole fort. Ce pourrait être un immeuble à l'architecture audacieuse, comme l'Opéra de Sydney construit dans le port de cette ville australienne. 

À cet endroit, ce "monument" serait bien visible. En rabaissant l'autoroute Bonaventure au niveau du sol, l'arrivée à Montréal par cette entrée serait du même coup transformée. "Ce serait la pierre angulaire, la charnière entre le Vieux-Port et le secteur de Griffintown", ajoute-t-il. 

L'architecte pense que des hôtels, des musées ou des salles de spectacles pourraient s'y installer. La conversion du silo numéro 5 pourrait accompagner ce projet. Il faut aussi des espaces publics et des jardins afin d'attirer d'autres investissements, selon M. Lestage. Cette recette a d'ailleurs bien servi le Quartier International de Montréal auquel il a participé. 

Le dernier projet de casino avec le Cirque du Soleil, tout comme le défunt projet de Technodôme, avaient le défaut d'être enclavés, selon l'architecte. Il faut éviter ce piège en développant le quai Bickerdike pour en faire un lieu fréquenté par les Montréalais, précise-t-il. 

Owen Rose, architecte 
Haro sur la voiture 

Pourquoi faire la part belle à l'automobile alors que le Québec ne fabrique pas de voitures et ne produit pas de pétrole? Pourquoi ne pas plutôt installer à Montréal des tramways fabriqués ici, élargir les trottoirs et créer des rues piétonnes, se demande l'architecte Owen Rose. 

Ce Montréalais d'adoption propose en fait de s'inspirer de Copenhague. Il y a 30 ans, la capitale danoise a entrepris avec succès de réduire le nombre de voitures sur son territoire. L'architecte estime que Montréal devrait aussi posséder un plan avec des objectifs chiffrés de réduction annuelle du nombre de voitures. 

Un tel virage aurait des effets bénéfiques sur l'environnement des Montréalais, plaide-t-il. En réduisant le nombre de voitures, la Ville pourrait éliminer graduellement des places de stationnement et fournir un meilleur service de transport en commun avec des tramways. 

La municipalité pourrait ensuite agrandir l'espace réservé aux piétons et même fermer des rues aux voitures. "Les Montréalais adorent les festivals, ils adorent être dans la rue", fait valoir celui qui milite activement pour transformer l'avenue du Mont-Royal en rue piétonne. 

Avec des voitures en moins, la Ville deviendrait plus attirante pour les familles et les personnes âgées, selon lui. En passant de la voiture à des modes de transport alternatifs, les Montréalais dépenseraient aussi davantage dans des sorties ou des achats locaux. Pour Owen Rose, un plan de réduction des voitures freinerait l'étalement urbain et stimulerait du même coup les quartiers de Montréal. 

Suzanne Lareau, présidente de Vélo-Québec 
Plus de mobilité 

Les Américains de passage à Montréal sont toujours surpris par le nombre de personnes se déplaçant à pied, observe Suzanne Lareau. La présidente de Vélo-Québec pense tout de même que Montréal pourrait faire davantage pour décourager le recours à la voiture. 

Suzanne Lareau rêve d'un plan de mobilité pour encourager le déplacement à pied, à vélo et en transport collectif. "Il faudrait toujours être à quatre ou cinq coins de rue d'une piste cyclable", fait-elle valoir. 

À la tête du Groupe Vélo, elle souhaite d'abord que la Ville soit quadrillée de pistes cyclables et que les rues piétonnes se multiplient. Mme Lareau pense que la rue Sainte-Catherine serait toute désignée pour devenir une rue piétonne avec un tramway qui traverse le centre-ville d'est en ouest. 

Les tramways sont d'ailleurs une piste d'avenir pour Montréal, pense-t-elle. "Il faut offrir davantage de transport en commun, augmenter le confort et l'originalité des véhicules", ajoute-t-elle. 

Mme Lareau note que près de la moitié des déplacements dans les grandes villes scandinaves se font par transport actif. Selon elle, il faut freiner l'augmentation du nombre de voitures par personne dans la région métropolitaine. Comment faire? Taxer davantage les voitures et décourager l'utilisation de la voiture en solo. 

LES EXPATRIÉS 

Hubert Reeves, astrophysicien 
Montréal "vert" 

L'astrophysicien Hubert Reeves est né à Montréal. Aujourd'hui il réside en Europe, mais revient chaque année dans la métropole pour un séjour de deux mois. 

Si on donnait une baguette magique à l'astrophysicien, il commencerait par faire disparaître tous les terrains de stationnement. Ces espaces gris et ternes seraient transformés en espaces verts, dit-il. 

"Il y a des grands parcs à Montréal, comme le mont Royal ou le parc LaFontaine, mais les petits espaces verts manquent cruellement. Il faudrait aussi aménager des jardins d'enfants." 

Mais que faire de tous les véhicules? M. Reeves pense qu'on devrait construire des stationnements souterrains. "C'est le cas dans plusieurs villes d'Europe", ajoute-t-il. Et tant qu'à donner dans la "baguette magique", le scientifique voudrait qu'on enfouisse les autoroutes sous terre. 

Il ne manquerait à ce nouveau Montréal qu'un ingrédient pour le rendre vraiment vert, selon M. Reeves. Il songe à la pollution visuelle. "Les politiciens locaux devraient passer une loi pour forcer les entreprises à diminuer leur éclairage après minuit", dit-il. 

"Quand on regarde Montréal à partir d'une image satellite on se rend compte à quel point la ville est éclairée la nuit. Toute cette lumière empêche de bien voir les constellations. Ce n'est pas bon pour les oiseaux migrateurs ni pour la qualité de l'air." 

Sylvie Fréchette, championne olympique de nage synchronisée 
Montréal "l'île" 

Sylvie Fréchette a vécu plusieurs années à Las Vegas, où elle a travaillé comme chorégraphe et entraîneuse pour le spectacle Ô, du Cirque du Soleil. De retour à Montréal depuis quelques mois, elle poursuit sa carrière au sein du Comité olympique canadien. 

Avec un regard neuf sur la métropole, la double médaillée olympique souhaite que les Montréalais se réapproprient le fleuve et ses berges. 

"Le seul moment où l'on se rend compte qu'on vit sur une île c'est quand on est coincé dans un bouchon de circulation sur un pont. Ce n'est pas normal. Il faut ressentir que nous vivons sur une île." 

Mme Fréchette suggère l'aménagement d'une piste cyclable qui ferait le tour de l'île. Elle aimerait aussi voir apparaître des aires de repos le long du parcours. 

"Pourquoi ne pas lancer un concours d'aménagement au sein de la population? On pourrait aménager des haltes selon l'âme d'un quartier. Il faudrait aussi approcher les entreprises pour récupérer des matériaux qui serviraient à l'aménagement." 

Et la championne olympique imagine plus encore: "On pourrait transformer la piste en sentiers de ski de fond en hiver. Et il faudrait offrir aux nouvelles mamans des sessions de marche, des cours de yoga et de taï chi sur le bord de l'eau." 

Roger Leblanc, professeur au département de chimie, Université de Miami 
Atterrissage à Montréal 

Roger Leblanc vit avec son épouse depuis plus de 20 ans à Miami, en Floride. Il revient fréquemment à Montréal où il se sent toujours chez lui. 

Ce professeur de chimie de l'Université de Miami prend toujours soin de ne pas atterrir à l'aéroport Montréal-Trudeau entre 15h et 18h, pour éviter la congestion sur les autoroutes. À quand une circulation "intelligente" à Montréal, demande-t-il. 

"C'est inconcevable qu'une ville de la taille de Montréal n'ait pas son propre moyen de transport pour se rendre efficacement de l'aéroport aux principaux hôtels du centre-ville, ou dans les quartiers. Le train? L'autobus? Mais où sont ces moyens de transport?" 

M. Leblanc ajoute, sur une note plus positive, que la qualité des restaurants et la vie culturelle à Montréal ne font aucun doute. Mais il déplore du même souffle le manque d'information. "Montréal devrait publiciser ses festivals et ses événements à plus grande échelle. Pas seulement dans ses quotidiens comme La Presse. La Ville devrait songer à distribuer des dépliants d'information à l'extérieur du pays", dit-il. 


Catégorie : Autres
Sujet(s) uniforme(s) : Sports et loisirs; Architecture et urbanisme
Taille : Long, 1142 mots 

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