Comité de citoyens
Mont-Royal Avenue Verte
Mise à jour: 21-02-2007

 

 

 

Le militantisme local, nouveau mode opératoire : Le Comité de citoyens Mont-Royal Avenue Verte

 

© www.montroyal-avenueverte.org

Loin des manifestations chaotiques des années 60/70, aujourd’hui le militantisme local répond à la complexité de nos milieux urbains avec une sophistication de plus en plus accrue.

Dans notre contexte actuel, il faut faire plus que lancer des revendications. Il faut plutôt sensibiliser la population et les instances de pouvoir, soit politique ou économique.

À Montréal, au printemps 2002, dans le Plateau Mont-Royal, un quartier en pleine mutation, un nouveau mouvement populaire de citoyens a vu le jour. Ce groupe s’est inspiré de l’idée de mettre la personne avant la voiture en réponse à l’omniprésence des voitures polluantes en ville.

Mais l’enlèvement des voitures ne faisait qu’une partie du plan de ce qui est devenu le Comité de citoyens Mont- Royal Avenue Verte. D’abord, cette « gang de radicaux» avait l’audace de remettre en question la notion, laquelle nous est proposée sans arrêt par les manufacturiers d’automobiles, que notre liberté de circuler en voiture serait un droit malgré les coûts écologiques et sociaux.

En juin 2002, le comité, mieux connu comme Avenue verte, lance sa pétition pour une avenue du Mont-Royal sans voiture demandant « de transformer l’avenue du Mont- Royal en avenue piétonne entre Frontenac et l’avenue du Parc avec des aménagements pour un transport en commun efficace et écologique, pour les cyclistes, patineurs, planchistes et piétons avec des traverses aux grandes artères nord-sud pour les véhicules. »

La pétition se termine en demandant à la mairie de Montréal de tenir des audiences publiques sur ce projet. Un site Internet au www.montroyal-avenueverte.org est lancé pour fournir de l’information au public et faire signer la pétition pendant que les membres d’Avenue verte passent les week-ends autour de la station de Métro Mont-Royal pour faire signer la pétition en personne. Le résultat, six mois plus tard, était impressionnant avec le dépôt de 18 500 signatures au conseil d’arrondissement du Plateau le 2 décembre 2002 !

On aurait cru qu’un tel dépôt et l’appui d’organismes comme, entre autres, le CRE Montréal, Greenpeace, Équiterre, le Conseil Central de Montréal CSN, Transport 2000, le Centre d’écologie urbaine, Option Transport durable, le Monde à bicyclette, Cyclo Nord-Sud, l’Association québécoise de lutte contre les pollutions atmosphériques (AQLCPA) et Vivre en ville, aurait eu un impact majeur sur les élus de l’arrondissement du Plateau, mais la pétition est restée lettre morte devant les quatre conseillers de l’arrondissement.

Tout aurait pu en rester là, mais ce n’était, en fait, que le début d’une gamme d’activités entreprises par Avenue verte. En plus de sa pétition grandissante de plus de 20 000 signatures, au cours des deux dernières années, Avenue verte a déjà présenté des conférences publiques par des membres du comité et des conférences publiques par des experts invités. Le comité organise des manifestations à vélo appelées Les Randonnées vertes sur Mont-Royal qui ont débuté le 1er août 2003. Il a organisé seul la première Journée internationale sans voiture du 22 septembre 2003 dans le Plateau et contribué à celle de 2004.

En mars 2004, Avenue verte a rédigé un mémoire dans le cadre du Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal, Pour un quartier sain, prospère et vibrant : LA PERSONNE AVANT LA VOITURE ! et l’a présenté aux audiences publiques organisées par la Ville de Montréal et l’arrondissement du Plateau. Depuis, en attendant la sortie du Plan d’urbanisme avant la fin de 2004, le comité a lancé son DVD documentaire en octobre qui résume en images, textes et vidéos les activités du comité dès son début en 2002.

Un monde plein d’idées, mais le défi est de passer à l’action. Le projet d’une Avenue Mont-Royal verte propose un exemple concret qui concilie des aspects économiques, sociaux et environnementaux du développement durable. Le comité, dans l’optique de la démocratie participative, encourage les citoyens à s’impliquer personnellement dans leur communauté, entre autres de façon décisionnelle, et non pas seulement dans un mode consultatif, comme c’est le cas à l’heure actuelle. Il s’agit de valoriser la santé communautaire et les vies actives.

L’exemple a déjà fait ses preuves dans des centaines de villes européennes telles que Copenhague et Strasbourg. En particulier, le cadre nordique du climat montréalais ressemble beaucoup aux villes scandinaves qui sont déjà dotées des rues piétonnières et des systèmes très avancés de transports collectifs.

Pour réaliser ce changement de paradigme dans la mentalité nord-américaine, les outils de sensibilisation modernes sont de rigueur. La pétition, le site web, les conférences, le mémoire, les Randonnées vertes et le DVD sont tous utilisés pour montrer à la Ville que l’Avenue du Mont-Royal verte rassemble tous les critères de réussite : la densité de la population avoisinante; l’achalandage à pied par 80% des résidents du quartier; des commerces divers, prospères et attirants; l’accès par transport collectif (autobus/métro); le débouché sur le Parc du Mont-Royal; une échelle urbaine et humaine de 3 à 4 étages et une réponse concrète à l’accord de Kyoto.

C’est avec persévérance et détermination que le Comité continue à mettre de la pression sur les élus et à sensibiliser la population à l’idée qu’une qualité de vie urbaine en harmonie avec l’écologie locale commence par un projet comme Mont-Royal Avenue Verte.

Collaboration spéciale :  Owen Rose, Comité Mont-Royal Avenue Verte

 

 

 

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