Comité de citoyens
Mont-Royal Avenue Verte
Mise à jour: 21-02-2007

 

 

 

Les échos du conseil d'arrondissement du 4 avril

© Arrondissement.com

La séance du conseil d’arrondissement était fort chargée. Outre 2 présentations sur le nettoyage de printemps et un projet de stationnement pourles vélos, 16 citoyens ont posé questions.

Pas assez de propreté sur le Plateau pour les uns...

Les citoyens en ont assez de vivre dans un environnement malpropre et remettent en cause l’efficacité des mesures mises en œuvre par l’arrondissement pour palier le problème. « Le Plateau est sale ! À quand un plan d’action comme dans Notre-Dame-de-Grâce / Côte-des-Neiges pour nettoyer l’arrondissement ? », a lancé Jeanie Couture, une résidante de la rue Messier excédée de voir les rues de son quartier se dégrader.

 

Une autre citoyenne a dénoncé le manque de civisme de certains commerçants qui installent leur conteneurs à déchets sur la voie publique et les laissent déborder au vu et au su de tous. Elle pointe plus particulièrement le restaurant Misto et la Fruiterie du Plateau. « Depuis qu’ils ont agrandi leur chambre froide, en juin dernier, ces commerçant se servent de leur terrain pour garer leurs véhicules et entreposent leurs conteneurs sur la voie publique, sans permis. Quand allez-vous faire quelque chose ? », a-t-elle interrogé, photos à l’appui.

 

Un autre résidant, qui se bat depuis plus de dix ans sur les questions de malpropreté et de bruits dans son quartier sans voir l’ombre d’un changement, a résumé la situation : « Les commerçants ne mettent pas l’argent nécessaire dans la gestion de leurs déchets et nous en payons le prix. »

 

Ces citoyens ont émis des doutes sur la capacité de l’arrondissement à faire respecter sa réglementation. Des observations d’autant plus pertinentes que l’arrondissement est en train de se doter de deux nouveaux règlements afin de lutter contre la malpropreté : l’un obligera les commerçants à se munir de conteneurs fermés et leur imposera des amendes plus lourdes en cas d’infraction, l’autre contraindra les distributeurs de publicités imprimées à se munir d’un permis payant.

 

« La situation n’est pas acceptable », a convenu la directrice de l’arrondissement, Johanne Falcon. « Il faut tenir compte que nous sommes à la fin de l’hiver et qu’il va y avoir un blitz », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que la nouvelle réglementation permettra de mieux contrôler la situation et que les inspecteurs seraient très vigilants à la faire respecter.

 

En ce qui concerne l’éventualité d’une réglementation plus sévère touchant les citoyens, comme cela existe dans d’autres arrondissements, la mairesse Helen Fotopulos a écarté d’emblée cette solution : « Nous préférons travailler avec nos comités de citoyens. Nous avons diagnostiqué où sont nos problèmes et nous sommes en train de nous doter des moyens pour les régler. »

 

L'arrondissement vient tout juste de lancer son opération annuelle de nettoyage des rues et sa campagne d'écocivisme afin d'inciter les citoyens à nettoyer devant leur porte. La campagne de nettoyage du printemps, qui mobilisera une soixantaine d'employés durant six semaines jusqu'au 20 mai, coûtera 400 000 $.

 

…trop pour les autres

Plusieurs propriétaires de voitures en ont après les balayeuses qui passent quatre fois par semaine dans les rues du Plateau. « À partir du 1er avril, c’est la course au stationnement », soulève Benoît Parent, qui s’interroge sur l’efficacité de cette mesure. « Pour moi, qui n’utilise pas mon auto pour me rendre au travail, cela implique quatre déplacements par semaine. Je passe mon temps à gérer le stationnement de ma voiture », souligne-t-il, ajoutant que cela crée une pollution supplémentaire inutile.

 

L’arrondissement travaille actuellement à la réduction de quatre à deux passages par semaine de la balayeuse dans les rues du Plateau, a annoncé la mairesse Fotopulos. Cette nouvelle façon de faire concernera toutefois uniquement les rues secondaires. La directrice, Johanne Falcon, n’a pas voulu s’avancer sur une date pour la mise en place des changements, puisqu’il faut refaire tous les parcours, un exercice complexe.

 

Le bruit, un problème qui soulève les passions

Le Plateau est loin d’être un quartier réputé pour son calme. Certains citoyens résidant dans les secteurs riverains des zones commerciales se plaignent depuis de nombreuses années de la pollution sonore qu’ils doivent subir au quotidien : camions poubelles qui passent dès 5 h du matin ou après 23 h, systèmes de ventilation bruyants, camions de livraison qui laissent tourner leur moteur de manière indue. « Cela fait plus de 10 ans qu’on vous parle de ces problèmes, et vous ne faites rien », a reproché aux élus un citoyen qui se bat autour de cette question depuis de nombreuses années.

 

« Nous envisageons de revoir la réglementation sur le bruit au comité exécutif pour répondre à de nouveaux phénomènes comme les ventilateurs. Il faudra se doter d’outils pour faire plus de vérifications », a répondu le conseiller de Jeanne-Mance et vice-président du comité exécutif, Michel Prescott. Un groupe de travail sur le bruit avait été formé sous l'ancienne administration municipale, a-t-il rappelé. Dirigé par l'ancien conseiller municipal André Cardinal, il a été dissout en 1998.

 

Le ton a rapidement monté entre les citoyens et les élus. Ces derniers ont laissé tomber le protocole pour intervenir sans demander à la mairesse l'autorisation de prendre la parole, comme c'est la règle. Le citoyen, excédé, a quitté la salle.

 

Une coalition de soutien au CAUDD

Owen Rose, figure bien connue impliquée dans le comité Mont-Royal Avenue verte, a pris la parole pour annoncer la naissance d’une coalition de soutien à la Commission de l’aménagement urbain et du développement durable (CAUDD). Cette coalition regroupe divers organismes comme l’Association des résidantes et résidants du Plateau, le Conseil régional de l'environnement de Montréal, Équiterre, Greenpeace et Option Transport durable.

 

Dans le cadre de la préparation du chapitre local du plan d’urbanisme, la CAUDD avait soumis plusieurs recommandations dont l’arrondissement n’avait pas tenu compte dans son document final. Une situation qui a provoqué le report de l’adoption de ce chapitre devant être annexé au plan d’urbanisme de la ville-centre.

 

L’intervention de M. Rose n’a pas été du goût de la mairesse Fotopulos. « Vous avez un agenda politique ! », lui a-t-elle lancé. Il est de notoriété publique que le comité Mont-Royal supporte le parti municipal Projet Montréal.

 

Elle a assuré que l’intégration de l’ensemble des recommandations de la CAUDD allait se faire. « On n’a pas besoin que la coalition commence à représenter la population du Plateau à ce sujet », a-t-elle estimé. La commission propose plusieurs mesures concrètes pour limiter la place de l’automobile sur le Plateau et favoriser le transport en commun ainsi que l’utilisation du vélo.

 

De l’argent frais pour les commissions de citoyens

Parallèlement, le conseil d’arrondissement a voté un soutien financier de 10 000 $ aux commissions de citoyens en vue d’assurer une banque d’heures d’employés auxiliaires afin de coordonner leurs travaux.

Depuis la fin du contrat de la personne qui assumait ce mandat à l’arrondissement, en décembre 2004, les commissions étaient en quelque sorte orphelines. À tel point que le comité de la sécurité publique et civile, créée en 2004, n’est toujours pas opérationnel, ce qui crée un certain mécontentements chez la douzaine de citoyens impliqués.

 

Le bonheur des uns fait le malheur des autres

L’installation d’un panneau empêchant les automobilistes de traverser le boulevard Saint-Joseph en empruntant Saint-André, ce qui créait un fort achalandage sur cette petite rue, a fait le bonheur de ses résidants. Le comité de citoyens, mené par Francis Bissonnette, avait été très actif pour obtenir gain de cause.

 

À présent, ce sont des résidants de la rue Saint-Hubert qui se plaignent des conséquences de cette modification à la signalisation. « La circulation s’accroît considérablement sur Saint-Hubert », mentionne Maurice Tremblay.

 

Selon la conseillère de Laurier, des études ont été réalisées sur l’intersection problématique avec l’avenue du Mont-Royal et des changements pourraient être effectués dès cette année. « Il faut tester des solutions avant de mettre 200 000 $ dans ce carrefour », estime-t-elle.

 

Des pénalités pour absence de places de stationnement ?

Réjean Benoît, membre du groupe Option Transport durable, a soulevé une contradiction intéressante au sujet de la réglementation sur l’aménagement de places de stationnement dans l’arrondissement. Celle-ci oblige à fournir un nombre minimal de  places de stationnement pour tout projet de construction ou d’agrandissement.  Faute de respecter cette disposition, le propriétaire doit payer une pénalité à l’arrondissement.

 

« D’un côté, on dit qu’on veut limiter la place de la voiture sur le Plateau, de l’autre on donne des pénalités à ceux qui ne construisent pas assez de places de stationnement. Où est la logique ? », s’interroge le citoyen.

 

Selon Mme Fotopulos, le comité consultatif d’urbanisme s’est déjà penché sur la question, mais il ne faut pas s’attendre à une modification prochaine de ce règlement. Il faut que les propriétaires puissent trouver à se stationner près de chez eux, a-t-elle fait valoir.

 

Le mur du Plateau sera végétal

Le « mur de la honte », qui se dresse entre le Plateau et la Petite-Patrie, continue à faire parler de lui. Un des citoyens qui mène le dossier, Normand Lalonde, demande à l’arrondissement, au nom des membres de sa coalition, de bloquer la construction du mur antibruit qui doit s’ériger derrière les nouveaux développements résidentiels de la rue Saint-Grégoire.

 

« Il y aura un mur et il sera végétal », a tranché la mairesse, ajoutant que le service du contentieux de l’arrondissement regardait justement jusqu’où l’on pouvait aller sans avoir besoin de rouvrir les négociations avec le Canadien Pacifique, qui a imposé la construction du mur antibruit dans le contrat de vente du terrain au promoteur.

 

Dans l’arrondissement voisin, où les élus de Vision Montréal sont au pouvoir, le dossier prend une tournure très politique, dans une ambiance préélectorale. Le conseiller François Purcell a lancé un véritable ultimatum à ses vis-à-vis du Plateau, lors de la séance du conseil qui se tenait le même soir : « J’ai entendu qu’il n’y avait pas eu beaucoup de discussions dans ce dossier. Si ça ne débloque pas d’ici les prochains jours, on va poser des actions pour s’assurer que ce dossier n’en reste pas là », a-t-il averti, invitant les citoyens à venir le rencontrer pour mettre en branle un plan d’action.

 

L'industrie de l'automobile trop bien représentée sur le Plateau ?

Le concessionnaire Ford prend de l’expansion sur le Plateau. Il a déposé à l’arrondissement un projet visant à construire de nouvelles installations sur un terrain industriel situé rue D’Iberville, à l’angle du boulevard Saint-Joseph, près de la voie ferrée. Outre la construction d’un bâtiment pour la vente, la réparation et le service, le concessionnaire aménagera un vaste terrain d’entreposage pouvant accueillir une centaine de véhicules.

 

Plusieurs autres projets d’agrandissements de concessionnaires ont vu le jour ou sont en projet dans l’arrondissement. Chassé Toyota a récemment réaménagé entièrement ses locaux sur la rue Rachel. Plus à l’est dans l’arrondissement, Nissan a également déposé un projet  pour agrandir ses installations.

 

« Il y a huit concessionnaires automobiles installés présentement sur le Plateau » , a fait remarquer Réjean Benoît, d’Option Transport durable, s’interrogeant sur la pertinence du développement de ce genre d’activité dans l’arrondissement.

 

Subventions à Action Solidarité Grand Plateau

Au cours de la séance, le conseil d’arrondissement a accordé à la table de concertation Action Solidarité Grand Plateau une somme de 41 024 $ dans le cadre du Programme de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale, et un autre montant de 15 000 $ pour le soutien au développement social.

 

Célébrations du 5e anniversaire du Monastère

L’arrondissement a également voté une participation de 200 $ pour les célébrations soulignant la cinquième année d’activité du Centre de services communautaires du Monastère, sur l’Avenue du Mont-Royal, qui abrite une dizaine d’organismes.

 

Par ailleurs, la journée portes ouvertes qui devait avoir lieu le 8 avril a été annulée. Elle sera reportée à une date ultérieure. Le Centre de services communautaires est actuellement à la recherche d’un nouveau directeur général à la suite du départ de Pierre Marquis.

 

Carole le Hirez – 7 avril 2005

 

 

 

RETOUR