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L’adoption du chapitre local est
reportée
Face à la grogne des
citoyens, l’arrondissement a décidé de suspendre l’adoption du document
local à annexer au plan d’urbanisme, afin d'y intégrer les recommandations
émises lors des consultations.
Sentant le vent tourner, la mairesse du Plateau-Mont-Royal a pris le taureau
par les cornes et a annoncé d’entrée de jeu la décision de surseoir à
l’adoption du document d’arrondissement qui devait avoir lieu quelques
minutes plus tard, lors de la séance du conseil du 7 mars.
« Nous avons constaté, lors de la soirée d’information, qu’il y avait un
écart entre le document déposée et les désirs des citoyens. N’abordant pas
les mesures d’interventions et les stratégies d’aménagement préconisées lors
des consultations publiques, il y perd en pertinence ».
Les élus ont donc demandé aux services de l’arrondissement de rencontrer les
membres de la Commission de l’aménagement urbain et du développement
durable, qui ont organisé les consultations et présenté leur résultat dans
un rapport, afin de tenir davantage compte, dans le document final, de la
notion d’éléments mesurables.
Pas de mesures concrètes
La présentation publique du chapitre d’arrondissement, le 28 février
dernier, avait soulevé de vives réactions dans la communauté,
particulièrement chez les groupes qui avaient participé aux consultations
publiques, et qui ne retrouvaient pas dans le document les mesures concrètes
censées limiter la place de l’automobile dans le quartier.
Outre la mise en place d’objectifs mesurables de réduction de l’utilisation
de la voiture, de la croissance du réseau de pistes cyclables et de
stationnement pour vélo, le rapport de la CAUDD demande d’élaborer une
stratégie et des mesures d’apaisement de la circulation en réponse aux
besoins et aux demandes des citoyens.
Il recommande également de faire de l’avenue du Mont-Royal un secteur de
planification détaillé qui pourra servir de projet-pilote pour concrétiser
l’engagement du Plateau à atteindre les objectifs reliés au protocole de
Kyoto, à améliorer la qualité de vie des résidants et favoriser les modes de
transports alternatifs à la voiture.
Un document approuvé par l'ensemble des participants
« Nous demandons au nom des 20 000 personnes qui ont signé la pétition
pour une avenue Mont-Royal piétonnière que toutes les recommandations de la
CAUDD soient retranscrites textuellement dans le chapitre du plan
d’urbanisme », a insisté Marie-France Pinard, du comité Mont-Royal
Avenue Verte.
« Comme les gens ne se reconnaissent pas dans le document, il faut
retourner le bonifier », a concédé la mairesse. La version amendée une
deuxième fois sera présentée à nouveau pour adoption lors du prochain
conseil d’arrondissement. « Nous n’avons pas besoin d’être les premiers à
adopter notre chapitre local mais d’avoir un document approuvé par
l’ensemble des participants ».
« Ce n’est quand même pas compliqué de mettre des mesures d’application
concrètes dans un plan d’urbanisme », a soulevé pour sa part Claude
Mainville. Se réclamant du parti municipal Projet Montréal, le militant a
rappelé que depuis 1987, le nombre de déplacements en voiture avait augmenté
de 21 % sur le Plateau tandis que l’utilisation des transports en commun
avait pour sa part diminué de 24 %, selon des données de l’Agence
métropolitaine de transport (AMT).
« Depuis que l’UCIM est au pouvoir, le prix de carte CAM a augmenté de 13
%. Dans ce contexte, comment pouvez-vous défendre un plan d’urbanisme qui
place la personne avant la voiture ? », a-t-il lancé aux élus.
Le chapitre local d'arrondissement doit être acheminé au conseil municipal
de Montréal pour être annexé au plan d'urbanisme de la ville-centre. Il
détermine les grandes lignes en matière d'aménagement pour le territoire au
cours des dix prochaines années.
Sur la photo : Les membres du comité Mont-Royal Avenue Verte réclament
l'ajout des recommandations complètes de la CAUDD au chapitre local
d'arrondissement. À l'extrême droite, Marie-France Pinard, et au micro, Jean
Ouimet.
Carole le Hirez - 8 mars 2005 |